SANS PITIÉ de Byun Sung-hyun – La critique de Mocha

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SANS PITIÉ de Byun Sung-hyun | Thriller | 2H00 | 2017

« Sans pitié » (The Merciless / 불한당: 나쁜 놈들의 세상bulhandang : « nappun nomdul ue sesang » – comprenez « le monde des sales types ») est le nouveau film de Byun Sung-hyun présenté dernièrement au Festival de Cannes 2017.

Quand j’avais parlé de la polémique Okja et Netflix ici, je vous avais fait part de mon entrain pour le film « Sans pitié » dans la liste des films coréens présentés à Cannes. Je suis donc ravie que les salles parisiennes l’aient prit pour le diffuser. Grâce à cela et au réseau de Chai latte, nous avons pu découvrir le film sur grand écran.

Synopsis du film : « Jae-ho, qui se rêve chef de gang, fait la loi en prison auprès des autres détenus. Mais son autorité est remise en cause à l’arrivée de Hyun-su, un nouveau venu.« 

Et franchement, « Sans pitié » a répondu à toutes mes attentes. Bien entendu, on retrouve les inspirations qui plaisent tant aux cinéastes coréens du genre : Tarantino et Scorcese. Et ce, autant dans les thèmes (gangsters, violence, flics infiltrés) que dans la forme (bastons chorégraphiées, son amplifié des poings et des impacts, jeux de caméra, utilisation des clichés du genre avec une autodérision évidente).

Mais je n’ai pas ressenti de copier-coller, Byun Sung-hyun a vraiment apporté sa touche personnelle. Il a laissé clairement apparaître ses références aux films d’action hongkongais. A l’image des films Reservoir dogs ou Infernal Affairs, il utilise le cadre de la société coréenne paternaliste pour bâtir sa fiction et la fragilité des relations qu’entretiennent ses personnages.

Le gang est une famille mais attention à ne pas être trop ambitieux. Certains membres sont reconnus, d’autres sont clairement des larbins. L’oncle qui tient le business n’a aucune considération pour son neveu, c’est leur lien hiérarchique qui prime, alors que Jae-ho et Hyun-su n’ont aucun lien de sang mais se considèrent comme des frères. Les trahisons sont monnaie courante dans ce milieu et c’est pourquoi les tensions entre ces deux personnages, qui s’aiment plus qu’ils ne le souhaiteraient, sont palpables. Ils doivent se prouver sans cesse leur confiance mutuelle. La proximité grandissante des deux hommes met en place une bromance dans un milieu sans pitié qui ne peut donc que mal se terminer.

D’ailleurs, le film porte bien son nom : Jae-ho (So Kyung-gu) fait la loi en prison mais lorsque que son autorité est remise en cause, il est soutenu par un jeune bleu, Hyun-su (Yim Si-wan), aussi violent que totalement loyal. Une fois à l’extérieur, Jae-ho espère bien profiter des talents et de la confiance de Hyun-su pour conquérir le pouvoir dans son gang, tout en sachant que son compagnon est un policier infiltré. Sans parler de l’inspectrice qui les surveille et qui se montre, elle aussi, sans pitié tant qu’elle peut faire tomber des barons de la drogue.

A ce titre, le film m’a fait penser à Asura et à sa spirale infernale de violence où tous les moyens sont bons pour atteindre ses ambitions. Néanmoins, « Sans pitié » ne tombe pas dans le film noir complet comme peut l’être Asura. Il prend davantage de la trame et du style cynique du film Inside Men avec ses jeux de faux-semblants et ses personnages aux caractères marqués. Cependant, « Sans pitié » manque peut-être de critique sociétal, on n’apprend rien sur la Corée du Sud. Et le film n’offre ainsi qu’une fiction stylisée pour agrémenter le cinéma d’action d’une nouvelle référence du genre.

Le film se démarque essentiellement par sa mise en scène stylisée et ses plans de caméra assez originaux. Certaines scènes sont filmées sous des angles différents : nous sommes tantôt espion à travers une vitre, tantôt agresseur, tantôt victime. La caméra joue avec le terrain pour notre plus grand plaisir. On assiste à des mouvements de caméra très audacieux pour des espaces assez confinés (décidément, c’est un élément que les cinéastes coréens aiment exploiter), notamment dans les cargos du port de Busan (pas de train cette fois 😉 Snowpiercer, Dernier train pour Busan, The Age of shadows).

D’autre part, la bande-son offre un excellent rythme au film et au montage qui alterne les scènes d’action et les séquences plus intimes entre les personnages.

Les éléments de l’intrigue et la psychologie des protagonistes se révèlent très progressivement, notamment au cours des nombreux flashbacks qui nourrissent les rebondissements du film.

Bien qu’assez prévisible dans son scénario, j’ai trouvé « Sans pitié » très divertissant et les choix stylistiques du réalisateur m’ont bien plu.

Morale de l’histoire : ne jamais croire personne, toujours croire les circonstances. 😉

Ma note : 5/5

Un polar noir assez nuancé qui plaira à tous les amateurs du genre !

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Le film est encore à l’affiche, n’hésitez pas à aller le voir sur grand écran !

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