REACH FOR THE SKY de Steven Dhoedt et Choi Woo-young – La critique de Mocha

REACH FOR THE SKY de Steven Dhoedt et Choi Woo-young | Documentaire | 1h30 | 2015

Reach for the SKY est une coproduction belge et coréenne.

Synopsis du documentaire : « SKY est l’acronyme utilisé pour désigner les trois plus prestigieuses universités coréennes. Pour les lycéens, c’est le Graal que seuls quelques uns parviendront à atteindre. Pour cela, il leur faut obtenir la meilleure note possible au Suneung, le baccalauréat coréen. Une année entière consacrée aux révisions, une année pendant laquelle les réalisateurs vont suivre lycéens, parents et professeurs pour observer le mécanisme de l’éducation coréenne. »

J’ai beaucoup aimé ce petit documentaire qui montre le système aux universités top 3 du pays : SKY pour Seoul University, Korea Uiversity, et Yonsei University. Il illustre bien la pression sociale (si tu les intègres pas tu as râté ta vie), la pression de la famille, la concurrence, la difficulté de l’examen (QCM avec un taux minimum de réponses justes harvardien à obtenir pour réussir et se classer), le coût de la classe préparatoire, des cours particuliers, la place des superstitions (les parents vont questionner un chaman ou aller prier au temple pour la réussite de leurs enfants à l’examen national). Je crois que le plus impressionnant est l’engagement tout entier du pays lors du passage de l’examen : les avions sont arrêtés, les hélicoptères aussi pour ne pas faire de bruit pendant l’examen, il y a une mise à dispo de taxi pour les élèves et même le recours à un numéro d’urgence pour que les policiers vous amènent à l’heure à votre examen.

Intégrer une université des SKY c’est être en haut de la société, c’est avoir la reconnaissance, être quasi-certain d’avoir une bonne position et considération sociale.

Dans le reportage on suit les étudiants dans leur préparation au concours. On voit comment les chamans ou les profs privés se remplissent les poches sur le dos de ce système, la crédulité des étudiants et l’auto pression qui s’exerce.

Beaucoup de points positifs mais une note finale où on nous montre le success-story plutôt que de nous parler aussi de ce qui arrive aux autres, à ceux qui ne réussissent pas le concours pour les SKY, ceux qui se suicident, ceux qui se sont surendettés pour les classes prépa (environ 10 000€ l’année, autant qu’une Grande Ecole de Commerce) et les cours particuliers. Que font-ils ensuite ? S’en sortent-ils ? Choisissent-ils de recommencer ou d’intégrer des universités plus modestes ? Ont-ils et gardent-ils le sentiment d’avoir « échoué » même s’ils font un autre parcours ?

Je pense que les réalisateurs ont voulu pointer le système avec ironie mais rester sur un message d’espoir. Pour nous français le film aurait gagné à être plus critique mais les coréens sont encore au stade de l’acceptation du caractère inhumain de ce système (obsession de la réussite sociale et scolaire), et c’est déjà un début.

Ma note : 4/5

Pour plus d’explications sur la vision des réalisateurs on vous conseille d’aller lire l’entretien de EastAsia lors du FFCP 2016.

 

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